Lamia Djemoui

Lamia Djemoui

Nom : Lamia Djemoui

Pronom : Elle

Directrice : Chiara Piazzesi, Ph.D.

Adresse courriel : djemoui.lamia@uqam.ca


Décrivez votre projet de recherche en quelques lignes.

Ma thèse étudie le rôle de la honte comme mécanisme de régulation et de contrôle des corps et des sexualités féminines dans le contexte contemporain de la culture du viol. Cette émotion, largement intériorisée, reste étroitement associée aux sexualités féminines, se traduisant par des normes de pudeur, la crainte du jugement lorsque les femmes expriment leurs désirs, ou la culpabilité à la suite de violences sexuelles. Ces mécanismes participent à la reproduction de schémas hétérosexuels hiérarchisés, où les rôles et les désirs sont distribués selon le genre.

S’inscrivant dans la continuité des réflexions portées par le mouvement féministe #MeToo, ma recherche interroge la persistance de ces normes et la manière dont elles imposent aux femmes des positions de passivité et d’objectification. Elle contribue aux débats contemporains sur les violences sexistes et misogynes en explorant la possibilité de retournement de la honte, en déplaçant la responsabilité morale des femmes vers les agresseurs et en mettant au jour les structures de domination qui sous-tendent l’intimité hétérosexuelle.

L’objectif principal de ce travail est d’observer, de questionner et de repenser la construction contemporaine de l’intimité hétérosexuelle afin de proposer des modèles plus égalitaires. Il s’agit notamment d’identifier des formes de sexualités féminines qui se déploient en dehors du rapport hiérarchique marqué par la honte, et de caractériser les stratégies d’émancipation et de résistance mises en œuvre par les femmes.

Pour atteindre cet objectif, ma recherche mobilise l’analyse de la série The Handmaid’s Tale (Hulu, 2017-2025), qui offre un terrain privilégié pour examiner la reproduction et la contestation des normes hétérosexuelles. Elle propose une typologie des formes contemporaines de sexualités féminines, articulant revalorisation du féminin, politisation du corps et libération de la parole. Cette démarche contribue à l’enrichissement des savoirs scientifiques tout en nourrissant les réflexions collectives sur l’égalité de genre et la transformation des relations intimes.

Pouvez-vous nous partager un moment ou une expérience mémorable de votre parcours universitaire?

Parmi mes moments les plus marquants, je retiens particulièrement mes premières charges de cours à l’UQÀM. Pouvoir enseigner des thématiques ancrées dans mes champs d’intérêt, comme les perspectives féministes intersectionnelles et la sociologie des médias, a constitué une expérience à la fois formatrice et profondément significative.

Quel est l'aspect le plus difficile de votre recherche ou de vos études et comment le surmontez-vous?

L’aspect le plus difficile de mes études réside sans équivoque dans la routine solitaire, étroitement liée au syndrome de l’imposteur, deux réalités qui se nourrissent mutuellement. Le domaine de la recherche est un gouffre sans fond, infini, qui peut rapidement enfermer dans un quotidien où la performance devient le maître-mot.

Qu’aimez-vous faire dans vos temps libres?

Pour me ressourcer, j’apprécie passer du temps en famille, me détendre devant une série, lire des essais féministes et cuisiner.

Retour à la liste des nouvelles

Restez informé.e.s sur les dernières avancées en recherche

Je m'inscris